En 1929, le maréchal Pietro Badoglio est nommé gouverneur des deux colonies de Tripolitaine et de Cyrénaïque. La colonisation italienne en Libye 1. La mort d'Omar al-Moukhtar sonne le glas de la résistance libyenne et les trois provinces sont réunifiées sous commandement italien. Tobrouk est occupé dès le 4 octobre, et Benghazi le 20 octobre. Le 8 janvier 1942, Anthony Eden déclare lors d'une allocution parlementaire que le Royaume-Uni ne permettra pas le retour de l'Italie en Cyrénaïque. L’Italie entre dans la Seconde Guerre mondiale le 10 juin 1940. De 1921 à 1925, Volpi entreprend de nouvelles campagnes et prend Misurata, la Djeffara, le djebel Nefoussa et Garian. Emmanuel Laurentin, Giulia Bonacci, Marie-Anne Matard-Bonucci, Stéphane Mourlane, « Il avait deviné la stratégie adaptée pour vaincre la guérilla qui nous avait angoissés pendant vingt ans : mobilité, rapidité dans les déplacements, il fallait être plus rapide que l'ennemi ne pas lui laisser de répit, arriver toujours avant lui. En 1932 est créé un institut spécifiquement chargé d'organiser la colonisation, l'Ente per la colonizzazione della Cirenaica, rebaptisé en 1935 Ente per la colonizzazione della Libia. // Circa 1938 // Tirage argentique // Format (cm): 13x18 En outre, il cherche à assimiler les musulmans libyens grâce à une politique amicale et crée, en 1939, 10 villages pour Arabes et Berbères : « El Fager » (al-Fajr, « Alba »), « Nahima » (Deliziosa), « Azizia » ('Aziziyya, « Meravigliosa »), « Nahiba » (Risorta), « Mansura » (Vittoriosa), « Chadra » (Khadra, « Verde »), « Zahara » (Zahra, « Fiorita »), « Gedida » (Jadida, « Nuova »), « Mamhura » (Fiorente), « El Beida » (al-Bayda', « La Bianca »). Le 10 février 1947, lors de la signature du traité de Paris, l'Italie, désormais républicaine, renonce à ses droits sur la Libye. Les villes sont rénovées suivant une politique d'urbanisation systématique, Tripoli, Benghazi ou Derna acquérant une architecture nettement coloniale. À la fin de la guerre, Ottomans et Allemands évacuent l'Afrique, mais laissent Al-Baruni aux commandes d'une république de Tripolitaine[3]. L'arrivée au pouvoir de Benito Mussolini en 1922 et la montée en puissance du fascisme en Italie conduit à un renforcement de la politique italienne contre les rebelles libyens. Mussolini entame également en Libye, après 1934, une politique favorable aux Arabes, en les qualifiant de « musulmans du quatrième rivage de l'Italie » et en construisant pour eux des villages (avec mosquées, écoles et hôpitaux). L’Italie peut en outre se prévaloir de lointains antécédents historiques, la Libye antique ayant été une possession de l'Empire romain, et lui ayant d'ailleurs donné un souverain en la personne de Septime Sévère. L'effort de mise en valeur agricole d'Italo Balbo modifie en profondeur non seulement le paysage architectural de la Libye, mais également son mode de vie, en marquant un net retour à la sédentarité, au détriment du nomadisme majoritaire depuis environ un millénaire[14]. À l’intérieur de la Libye actuelle (principalement dans le Fezzan), la guérilla indigène continue. Cette région est historiquement très proche de la Cyrénaïque, par choix de ses chefs tribaux. On retrouve là une politique classique de différenciation raciale au service de la domination coloniale. Voir plus » Cyrénaïque italienne. Il est blessé et capturé le 11 septembre 1931, pendant la bataille de Wadi Bou Taga au cours d'une fusillade avec des Libyens ralliés. Pendant la colonisation italienne, contrairement aux Français en Algérie, ou aux Britanniques en Égypte, qui le considéraient comme « archaïque », le système tribal est maintenu par les Italiens. Le 17 octobre 1912, par le traité d'Ouchy, l'Empire ottoman renonce à sa souveraineté sur les régions conquises par l'Italie[2]. Auparavant, avant 1911, le nom de « Libye » n'était jamais appliqué, et les Turcs prenaient en considération les différences entre les deux grands ensembles, d'autant plus qu'ils étaient autonomes, avec leurs propres administrations et modes de vies, et coutumes tribales ancestrales. Genre/Form: Academic theses: Additional Physical Format: Online version: Despois, Jean. La conquête italienne cause au pays de lourdes pertes humaines et matérielles : aux dizaines de milliers de morts s'ajoute le bouleversement de l'organisation sociale et de l'économie traditionnelle. En 18 [] Lire la suite Depuis l'ouverture du canal de Suez en 1869, la région de la mer Rouge attire toutes les convoitises. nécessaire]. Les fascistes déportèrent des milliers de Juifs libyens dans des camps de concentration en plein désert, où beaucoup perdirent la vie[17]. Environ 100 000 personnes perdent la vie en raison des épidémies provoquées par les fatigues d'une marche longue et épuisante (parfois plus de 1 000 kilomètres), mais aussi, en partie, en raison des violences et des conditions très dures auxquelles elles étaient soumises dans les camps de concentration italiens[7]. Dès 1923, un décret du gouverneur Volpi établit les règles de la concession de terres de colonie. Le tourisme fait également l'objet d'une attention particulière avec l'institution de ETAL (Ente turistico alberghiero della Libia), organisme touristique hôtelier de Libye, qui gère des auberges, des lignes d'autocar de grand tourisme, des spectacles théâtraux et musicaux dans le théâtre romain de Sabratha, le Grand Prix de Tripoli organisé à la Mellaha, une pittoresque localité entre les oasis tripolitaines, et bien d'autres initiatives. La Cyrénaïque était une colonie italienne située à l'est de l'actuelle Libye qui a existé de 1927 à 1934. Entre 1930 et 1931, les Italiens occupent l'ensemble du Fezzan et l'oasis de Koufra, grâce aux opérations de Graziani. Les frontières de la Libye italienne avec le protectorat français de Tunisie, le royaume d'Égypte et les colonies françaises en Afrique ont été délimitées par une série de traités entre 1910 et 1935, mais un nouveau litige a lieu en 1938 avec la France au sujet de l'attribution à la Libye d'une bande de terre de 1200 km au Nord Tibesti, la bande d’Aozou. Au printemps 1912, la zone côtière est entre les mains des Italiens. Le 1er mars, les troupes françaises de Leclerc font leur jonction avec les troupes britanniques dans la région de Tarhounah, après avoir occupé le Fezzan[18]. Elle peut être divisée en deux périodes : la première de 1911 à 1934 appelée la “colonisation italienne… La disparition du chef de la guérilla libyenne met fin à vingt ans de guerre et achève la pacification totale de la Tripolitaine, de la Cyrénaïque et du Fezzan, les trois régions qui désormais constituent la Libye[8]. Le tourisme fait également l'objet d'une attention particulière avec l'institution de ETAL (Ente turistico alberghiero della Libia), organisme touristique hôtelier de Libye, qui gère des auberges, des lignes d'autocar de grand tourisme, des spectacles théâtraux et musicaux dans le théâtre romain de Sabratha, le Grand Prix de Tripoli organisé à la Mellaha, une pittoresque localité entre les oasis tripolitaines, et bien d'autres initiatives. Au Fezzan, les Français réfléchissent à un possible rattachement de la région à l'Algérie française. L'émir Idris part en exil dès 1922. L’histoire de la Libye en tant que colonie italienne a commencé dans les années 1910 et a duré jusqu’en Février 1947, lorsque l’Italie a officiellement perdu toutes les colonies de l’ancien Empire italien. En 2011, lors de la révolution libyenne qui renverse le régime de Kadhafi, le versement de l'indemnisation italienne est suspendu, car la Libye se retrouve rapidement dans le chaos d'une guerre civile, et les Italiens ignoraient à quelle autorité compétente verser les fonds. Des villes romaines disparues (comme Leptis Magna et Sabratha) sont redécouvertes et montrées comme un symbole du droit de l'Italie à posséder la Libye autrefois romaine. Les troupes italiennes, au cours de ces opérations, détruisent beaucoup de localités évacuées, avec les cultures et le bétail qui s'y trouvent, et réagissent aux attaques dont elles font l'objet par des exécutions sommaires. Balbo divise en 1937 la Libye italienne en quatre provinces et un territoire saharien : En 1938, les quatre commissariats de la zone côtière constituent des préfectures calquées sur le modèle de la métropole, à Tripoli, Misrata, Benghazi et Derna. Mais, du fait de l'absence totale d'infrastructures et de la priorité donnée à l'effort militaire, la colonisation de la Libye demeure embryonnaire dans les premières années, seuls 44 000 Italiens s'étant installés en 1931. Au total, environ 274 000 hectares sont répartis, dont 231 000 en Tripolitaine (avec 3 960 familles et 23 000 personnes) et 143 000 en Cyrénaïque (avec 2 000 familles et 23 000 personnes). Le 16 septembre, il est pendu dans le camp de concentration de Solucar, devant 20 000 Libyens qu'on avait fait venir en foule des camps voisins. Dépourvu désormais de tout soutien, Omar al-Mokhtar voit se disperser ses troupes. Du fait notamment de ses besoins énergétiques, l'Italie continue néanmoins d'entretenir des relations politiques et commerciales étroites avec son ancienne colonie, y compris dans les années 1980 au plus fort de l'isolement politique du régime de Kadhafi. La colonisation s'accélère nettement à partir de 1938 : chaque colon reçoit alors 25 hectares de terre, accompagnés d'une maison d'habitation, d'un groupe électrogène, et d'un puits. La contre-offensive des Britanniques leur permet d'occuper Benghazi à partir du 5 février 1941. Les Libyens, quant à eux, reçoivent également des terres de colonisation, mais dans des proportions infimes : 1 393 hectares dans trois villages seulement. À l’intérieur de la Libye actuelle (principalement dans le Fezzan), la guérilla indigène continue. De nombreux villages sont créés, avec un centre caractérisé par l'église, le municipio (hôtel de ville), le dispensaire, l'école et la Casa del fascio (Maison du faisceau, représentation locale du Parti national fasciste). Le pays n'est nullement pacifié, et les combats continuent dans le Fezzan jusqu'en 1914. Ces derniers viennent pour la plupart d'Érythrée et de Somalie, sont de religion chrétienne et s'opposaient farouchement aux musulmans. La disparition du chef de la guérilla libyenne met fin à vingt ans de guerre et achève la pacification totale de la Tripolitaine, de la Cyrénaïque et du Fezzan, les trois régions qui désormais constituent la Libye[8]. En 1932 est créé un institut spécifiquement chargé d'organiser la colonisation, l'Ente per la colonizzazione della Cirenaica, rebaptisé en 1935 Ente per la colonizzazione della Libia. : En 2008, le président du Conseil italien Silvio Berlusconi signe avec Mouammar Kadhafi un accord destiné à solder le passif de la colonisation, l'Italie s'engageant à verser sur 25 ans 5 milliards de dollars de dédommagement à son ancienne colonie. Réorganisation et développement de la colonie, « Gouverneur général et Commandant de la Tripolitaine », « musulmans du quatrième rivage de l'Italie ». Le général Rodolfo Graziani, fidèle du régime fasciste, devient quant à lui vice-gouverneur de Cyrénaïque. Le 9 juin, la Libye italienne se voit dotée d'une administration unifiée. Emmanuel Laurentin, Giulia Bonacci, Marie-Anne Matard-Bonucci, Stéphane Mourlane, « Il avait deviné la stratégie adaptée pour vaincre la guérilla qui nous avait angoissés pendant vingt ans : mobilité, rapidité dans les déplacements, il fallait être plus rapide que l'ennemi ne pas lui laisser de répit, arriver toujours avant lui. Cette région est historiquement très proche de la Cyrénaïque, par choix de ses chefs tribaux. Tobrouk est occupé dès le 4 octobre, et Benghazi le 20 octobre. Le président du Conseil italien Giovanni Giolitti, bien qu'ayant peu de penchant pour les entreprises coloniales, approuve le projet et, le 27 septembre 1911, le représentant italien à Constantinople remet un ultimatum à la Sublime Porte, annonçant l'intention de son pays d'occuper la Tripolitaine et la Cyrénaïque pour garantir la vie et les biens de ses propres sujets présents dans la régence de Tripoli. Les accords ne sont finalement pas respectés : l'Italie prévoit d'envoyer des renforts, et les Libyens font preuve de mauvaise volonté.